L’histoire de Forcalquier

De la butte néolithique à la croix de guerre de 1949 : la frise de la ville, jalon par jalon, chaque date adossée à ses sources. Quand l’érudition hésite, la page le dit.

vue actuelle de la ville depuis la citadelle
Forcalquier depuis la citadelle · 2024Image : Mathieu BROSSAIS · CC BY 4.0 · Wikimedia Commons

Les origines

  1. En ouverture

    Un nom que personne n'a tranché

    armoiries de la commune, « d'or à quatre pals de gueules » (dessin vectoriel moderne)
    Blason de ForcalquierImage : Manassas~commonswiki · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

    Le nom de la ville entre dans l'écrit en 1004, sous la forme « Forcalchiero » ; on lit ensuite Fontcalquier au XIe siècle et Forchalquiar au XIVe. Son origine reste discutée. Ernest Nègre y voit un four à chaux (forn e calquièr), Jean-Yves Royer défend la fontaine du rocher, d'autres avancent un Forum Calcarium lié au sol calcaire, ou encore l'anthroponyme Fulcher. Aucune de ces hypothèses ne l'emporte : la frise s'ouvre donc sur une question.

    Nuance

    Étymologie non tranchée : les hypothèses coexistent sans preuve décisive et sont présentées à égalité. L'identification de Forcalquier au « Forum Neronis » antique, parfois avancée, est contestée : elle n'est pas retenue ici.

    Sources : Wikipédia · Forcalquier · GénéProvence · « Brève histoire de Forcalquier »

  2. IIIe millénaire av. J.-C.

    Une butte occupée dès le Néolithique

    rochers des Mourres
    Les rochers des Mourres · vers 1900Image : auteur inconnu, début des années 1900 · Public domain · Wikimedia Commons

    La butte de molasse calcaire qui porte la vieille ville, entre 550 et 620 mètres d'altitude, est occupée dès le Néolithique : les premières traces remontent au IIIe millénaire avant notre ère. Avant la conquête romaine, le territoire est celui des Sogiontes, un peuple celto-ligure. Aux grandes invasions, la population remonte s'abriter sur les hauteurs. Le plateau de la citadelle en garde la mémoire, avec, à proximité, le site naturel des Mourres.

    le voir aujourd’hui : Plateau de la citadellesur la carte

    Sources : Office de tourisme Alpes de Haute-Provence · « Citadelle de Forcalquier » · Ville de Forcalquier · « Forcalquier au fil du temps » (ancienne page histoire, wwwx) · Wikipédia · Forcalquier

  3. 118 av. J.-C.

    La via Domitia romanise le pays

    À la fin du IIe siècle avant notre ère, en 118, les Romains tracent la via Domitia. Elle est l'axe essentiel de la romanisation du pays de Forcalquier. La ville elle-même n'apparaît que bien plus tard : la chronologie municipale situe sa fondation probable entre le VIIe et le VIIIe siècle.

    Sources : Wikipédia · Forcalquier · Ville de Forcalquier · « Forcalquier au fil des siècles » (site municipal) · Ville de Forcalquier · « Forcalquier au fil du temps » (ancienne page histoire, wwwx)

  4. 925

    Les reliques de saint Mary montent sur la butte

    En 925, l'évêque de Sisteron Arnoul transporte les reliques de saint Mary (Marius) dans l'église de la butte, pour les soustraire aux Sarrasins. Le site est alors déjà qualifié de castra. Les ruines de l'église Saint-Mary sont encore visibles près de la citadelle, et le carillon actuel commémore cette translation.

    le voir aujourd’hui : Ruines de Saint-Mary, près de la citadellesur la carte

    Sources : bassesalpes.fr · « Forcalquier et ses paroisses » (érudition locale, s'appuyant sur l'Obituaire de Saint-Mary publié par J. Roman, 1887, et Camille Arnaud, 1885) · Wikipédia · Histoire de Forcalquier · Patrimages / Région SUD · « Le carillon de Forcalquier »

  5. 1015-1065

    Saint-Mary, une cathédrale sans évêque

    En 1015, l'évêque Frondon fonde le collège de chanoines de Saint-Mary, doté de la dîme de Salagon. En 1061, l'évêque Gérard Caprerius en fait un chapitre distinct de celui de Sisteron, puis, en 1065, le légat pontifical Hugues Blanc érige solennellement Saint-Mary en cathédrale : une cathèdre sans évêque, « privilège singulier et presque sans exemple ». Ainsi naît la concathédralité entre Sisteron et Forcalquier, née vers 1060 du refuge offert à un évêque réformateur mal reçu à Sisteron. Le concile d'Aix en 1112, puis la bulle d'Adrien IV en 1155, confirmée par Alexandre III en 1179, reconnaissent ce partage : ordinations annuelles et un synode sur deux à Forcalquier. Cette anomalie diocésaine dure environ sept siècles, jusqu'à la Révolution.

    le voir aujourd’hui : Site de la cathédrale Saint-Marysur la carte

    Sources : bassesalpes.fr · « Forcalquier et ses paroisses » (érudition locale, s'appuyant sur l'Obituaire de Saint-Mary publié par J. Roman, 1887, et Camille Arnaud, 1885) · Persée · Élie Griffe, compte rendu de Noël Didier, « Les églises de Sisteron et de Forcalquier du XIe siècle à la Révolution. Le problème de la concathédralité », Revue d'histoire de l'Église de France, t. 42, n°138, 1956, p. 65-66 · Wikipédia · Concathédrale Notre-Dame-du-Bourguet de Forcalquier

  6. 7 août 1096

    Le pape Urbain II passe à Forcalquier

    Le 7 août 1096, le pape Urbain II séjourne à Forcalquier, lors de la grande tournée qui suit le concile de Clermont. La ville, dont le nom n'est entré dans l'écrit qu'en 1004, reçoit ainsi un passage pontifical moins d'un siècle plus tard. Au même moment, le partage du comté de Provence entre les comtesses héritières, engagé en 1090, commence de dessiner le futur comté de Forcalquier.

    Sources : Wikipédia · Forcalquier · Wikipédia · Histoire de Forcalquier

Le temps des comtes

  1. 1090-1125

    Naissance du comté de Forcalquier

    carte du partage de la Provence entre les maisons de Barcelone et de Toulouse
    Le partage de la Provence en 1125 · 1125Image : Cyril5555 · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

    Le comté de Forcalquier naît de l'indivision du comté de Provence, partagé entre les comtesses héritières Adélaïde et Gerberge entre 1090 et 1105 ; l'accord de 1125 en précise les frontières. En 1110, Adélaïde prend le titre de comtesse et une première charte montre Forcalquier en capitale. Les comtes s'installent sur la butte et attirent des colons par la liberté du sol et des personnes.

    le voir aujourd’hui : La citadelle, site du château comtalsur la carte

    Sources : Wikipédia · Comté de Forcalquier · Wikipédia · Forcalquier · bassesalpes.fr · « Forcalquier et ses paroisses » (érudition locale, s'appuyant sur l'Obituaire de Saint-Mary publié par J. Roman, 1887, et Camille Arnaud, 1885)

  2. 21 décembre 1174

    Un État souverain, des sources de la Durance aux portes de Cavaillon

    carte de la Provence au temps du comté indépendant
    La Provence et le comté de Forcalquier en 1184 · 1184Image : auteur inconnu · Public domain · Wikimedia Commons

    Au XIIe siècle, Forcalquier est la capitale d'un État indépendant qui s'étend des sources de la Durance aux portes de Cavaillon, du mont Genèvre aux monts de Vaucluse. Le 21 décembre 1174, le comte Guillaume II obtient de l'empereur Frédéric Barberousse un diplôme le faisant relever directement de l'Empire. En 1196, devant l'église Notre-Dame, le comte proteste publiquement qu'il n'est « vassal que de l'empereur des Romains » : c'est aussi la plus ancienne mention connue de la future concathédrale.

    Nuance

    La numérotation des comtes fluctue : le « Guillaume II » de Wikipédia (mort en 1209) correspond au « Guilhem III » de l'érudition locale. La frise suit la convention de Wikipédia et le signale ici.

    le voir aujourd’hui : Notre-Dame-du-Bourguet, attestée en 1196sur la carte

    Sources : Wikipédia · Comté de Forcalquier · Ville de Forcalquier · « Forcalquier au fil du temps » (ancienne page histoire, wwwx) · bassesalpes.fr · « Forcalquier et ses paroisses » (érudition locale, s'appuyant sur l'Obituaire de Saint-Mary publié par J. Roman, 1887, et Camille Arnaud, 1885)

  3. 1193

    Guillaume II lègue le comté à Garsende

    En 1193, le comte Guillaume II lègue le comté de Forcalquier à sa petite-fille Garsende (Gersende de Sabran), mariée à Alphonse II de Provence : le contrat scelle l'alliance entre les deux maisons. Le comté reste alors distinct de la Provence. La réunion effective des deux comtés n'interviendra qu'en 1209.

    Nuance

    La page Wikipédia « Forcalquier » écrit à tort « mariage en 1209 » : le contrat date de 1193, et 1209 est l'année où Gersende cède le comté à son fils. La frise distingue donc 1193 (l'alliance) et 1209 (la réunion).

    Sources : Wikipédia · Comté de Forcalquier · Wikipédia · Raimond-Bérenger IV (dit aussi V) de Provence

  4. 26 mai 1206

    Exemptions et privilèges pour les habitants

    Le 26 mai 1206, le comte accorde aux habitants des exemptions et des privilèges. Ils seront ensuite confirmés et amplifiés par Raimond Bérenger, dans une charte souscrite devant l'église Notre-Dame, « le comte assis sur l'escalier par où l'on monte au clocher ». Ce ne sont pas encore des institutions communales : la charte de commune formelle ne viendra que le 23 juin 1385.

    Nuance

    1206 est parfois présenté comme une « charte de commune » : ce sont en réalité des exemptions et privilèges ; la charte de commune date du 23 juin 1385.

    le voir aujourd’hui : Notre-Dame-du-Bourguet, où la charte fut souscritesur la carte

    Sources : Wikipédia · Histoire de Forcalquier · bassesalpes.fr · « Forcalquier et ses paroisses » (érudition locale, s'appuyant sur l'Obituaire de Saint-Mary publié par J. Roman, 1887, et Camille Arnaud, 1885)

  5. 30 novembre 1209

    Les deux comtés réunis dans une même main

    Le 30 novembre 1209, Gersende cède le comté de Forcalquier à son fils Raimond Bérenger V : les comtés de Provence et de Forcalquier sont réunis dans une même main. La succession est contestée par Guillaume de Sabran et une guerre s'ensuit. L'arbitrage de Meyrargues, le 29 juin 1220, en organise le partage, et l'hommage du 26 janvier 1229 clôt le conflit.

    Nuance

    Le père des quatre reines est dit « Raimond-Bérenger IV » ou « V » selon les sources : la frise retient « Raimond Bérenger V » et signale ici cette fluctuation.

    Sources : Wikipédia · Comté de Forcalquier · Wikipédia · Raimond-Bérenger IV (dit aussi V) de Provence

  6. 1209-1245

    Raimond Bérenger V, père des quatre reines

    portrait gravé de Raimond Bérenger, comte de Provence et de Forcalquier, père des quatre reines
    Raimond Bérenger, gravure d'Antoine de Ruffi (1655) · 1655Image : Antoine de Ruffi · Public domain · Wikimedia Commons

    Comte de Provence et de Forcalquier de 1209 à 1245, Raimond Bérenger V épouse Béatrice de Savoie (contrat de juin 1219) ; l'Obituaire de Saint-Mary le retient comme chanoine bienfaiteur de la cathédrale. Ses quatre filles deviennent toutes reines : Marguerite, reine de France en 1234 auprès de Louis IX ; Éléonore, reine d'Angleterre en 1236 auprès d'Henri III ; Sancie, reine des Romains après le couronnement d'Aix-la-Chapelle en 1257 ; Béatrice, reine de Sicile en 1266. Béatrice, héritière des comtés de Provence et de Forcalquier à la mort de son père le 19 août 1245, est la seule des quatre à avoir possédé Forcalquier en titre.

    Nuance

    Aucune des quatre reines n'est documentée née à Forcalquier : Marguerite est née à Brignoles ou à Saint-Maime, village voisin, les autres vraisemblablement à Aix. Le lien est dynastique, et le surnom « cité des Quatre Reines » est une valorisation moderne, popularisée par l'ouvrage « Le Pays des Quatre Reines » (1973). La fontaine dite « des quatre reines », place du Bourguet, n'a pas pu être vérifiée dans la notice du musée d'Orsay (page inaccessible).

    le voir aujourd’hui : Monument des Quatre Reines, place du Bourguetsur la carte

    Sources : Wikipédia · Raimond-Bérenger IV (dit aussi V) de Provence · Wikipédia · Marguerite de Provence · Wikipédia · Éléonore (Aliénor) de Provence · Wikipédia · Sancie de Provence · Wikipédia · Béatrice de Provence · Paris Zigzag · « Forcalquier, la cité des quatre reines »

  7. XIIIe siècle

    Les Cordeliers, marqueur de la capitale comtale

    porte des Cordeliers
    La porte des Cordeliers · vers 1900Image : auteur inconnu, début des années 1900 · Public domain · Wikimedia Commons

    Au XIIIe siècle, la fondation franciscaine du couvent des Cordeliers marque la capitale comtale : les constructions datent surtout des années 1260-1290, sur des bases du XIIe siècle. Remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'ensemble n'a laissé que des fragments, inscrits monuments historiques le 12 septembre 1968. Le site abrite aujourd'hui l'Université européenne des senteurs et des saveurs.

    le voir aujourd’hui : Couvent des Cordelierssur la carte

    Sources : POP / Mérimée PA00080395 · Couvent des Cordeliers (restes) · CRT Provence-Alpes-Côte d'Azur · « Forcalquier, the Town of the Four Queens »

Provence et France

  1. printemps 1348

    La peste noire et les crises

    Au printemps 1348, la peste noire frappe la ville et une émeute antijuive éclate : la communauté juive comptait environ soixante personnes vers 1300. Les crises et le dépeuplement s'installent. En 1414-1415, le chapitre obtient l'union des quatre paroisses (Saint-Mary, Notre-Dame, Saint-Jean et Saint-Pierre) en une seule.

    Sources : Wikipédia · Histoire de Forcalquier · bassesalpes.fr · « Forcalquier et ses paroisses » (érudition locale, s'appuyant sur l'Obituaire de Saint-Mary publié par J. Roman, 1887, et Camille Arnaud, 1885)

  2. 21 juillet 1481

    Le siège : la ville tombe

    Dans le contexte du rattachement de la Provence à la France, Forcalquier assiégée résiste trois semaines, puis tombe le 21 juillet 1481 et est mise à sac. L'artillerie, postée sur la colline appelée depuis « la Bombardière », « ne put rien contre le château », mais ruina la cathédrale Saint-Mary, dotée d'un clocher neuf en 1480. Le 10 décembre 1481, Charles III du Maine meurt à Marseille en léguant la Provence à Louis XI, et Palamède de Forbin en prend possession.

    Nuance

    Les sources grand public écrivent « Louis XI assiège Forcalquier » : cette attribution directe est chronologiquement impossible, la ville tombant le 21 juillet 1481 alors que Charles III du Maine, comte régnant, ne meurt que le 10 décembre 1481 en léguant la Provence à Louis XI. L'érudition locale ne nomme que « l'artillerie de Galeoti » sans préciser le camp : qui menait le siège, et contre qui la ville tenait, reste à vérifier dans Jean-Yves Royer ou Camille Arnaud.

    le voir aujourd’hui : La citadelle, le château bombardésur la carte

    Sources : Wikipédia · Histoire de Forcalquier · bassesalpes.fr · « Forcalquier et ses paroisses » (érudition locale, s'appuyant sur l'Obituaire de Saint-Mary publié par J. Roman, 1887, et Camille Arnaud, 1885) · Ville de Forcalquier · « Forcalquier au fil du temps » (ancienne page histoire, wwwx) · Wikipédia · Charles V d'Anjou (Charles III de Provence, « Charles du Maine »)

  3. avril 1486

    Le titre de concathédrale passe à Notre-Dame-du-Bourguet

    Saint-Mary ruinée et excentrée, le conseil communal vote le 4 avril 1486 le transfert du service divin vers Notre-Dame ; le 15 avril, les reliques de saint Mary descendent en procession dans la ville basse. Notre-Dame-du-Bourguet devient ainsi concathédrale et paroisse unique en 1486. L'église, mentionnée dès 1196, conserve une nef, un chœur, un transept et un clocher des premières années du XIIIe siècle, « premier essai d'adaptation de l'art gothique en Pays d'Oc » ; les nefs latérales suivent au XVIIe siècle et l'orgue reçoit ses premiers jeux en 1629. L'édifice est classé monument historique le 18 avril 1914.

    Nuance

    Wikipédia écrit « érigée en concathédrale en 1408 » : le 21 avril 1408 est en réalité la date de consécration de Saint-Mary, la haute église ; le transfert du titre vers Notre-Dame-du-Bourguet date d'avril 1486, retenu ici avec l'érudition locale et le site municipal. Petite divergence annexe : premiers jeux d'orgue en 1627 selon certains ; 1629 est retenu.

    le voir aujourd’hui : Concathédrale Notre-Dame-du-Bourguetsur la carte

    Sources : bassesalpes.fr · « Forcalquier et ses paroisses » (érudition locale, s'appuyant sur l'Obituaire de Saint-Mary publié par J. Roman, 1887, et Camille Arnaud, 1885) · Ville de Forcalquier · « Forcalquier au fil des siècles » (site municipal) · Wikipédia · Concathédrale Notre-Dame-du-Bourguet de Forcalquier · POP / Mérimée PA00080396 · Église Notre-Dame-du-Bourguet

  4. 1512-1601

    Guerres de religion : le château disparaît

    La fontaine gothique Saint-Michel, élevée en 1512 et classée monument historique le 21 mai 1910, est le témoin civil de ce tournant du siècle. Les huguenots prennent la ville le 12 juin 1562, puis en 1567 ; suivent les sièges de 1576, 1580 et 1585, et les assauts catholiques d'Épernon et de La Valette en 1587-1588. En 1601, Henri IV fait raser ce qui reste du château comtal : le plateau de la citadelle restera nu. La peste de 1630 emporte environ deux mille habitants.

    le voir aujourd’hui : Fontaine Saint-Michel (1512)sur la carte

    Sources : Wikipédia · Histoire de Forcalquier · Office de tourisme Alpes de Haute-Provence · « Citadelle de Forcalquier » · GénéProvence · « Brève histoire de Forcalquier » · POP / Mérimée PA00080397 · Fontaine Saint-Michel

Révolutions

  1. 1789-1813

    Révolution : la Grande Peur, des députés, des remparts abattus

    La Grande Peur atteint la ville le 31 juillet 1789. Forcalquier envoie des députés aux assemblées : Pierre Balthazard Bouche, Ange Marie d'Eymar, Jean Gaspard Gassend, François Charles Bouche et Marius Félix Maïsse. La cathédrale est saccagée le 25 mars 1794. Les remparts sont abattus entre 1806 et 1813, et Forcalquier devient sous-préfecture des Basses-Alpes.

    Sources : Wikipédia · Histoire de Forcalquier · Ville de Forcalquier · « Forcalquier au fil des siècles » (site municipal)

  2. décembre 1851

    L'insurrection républicaine de 1851

    Contre le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, la ville participe à l'insurrection républicaine de décembre 1851. Le signal est donné à la foire de Mane le 5 décembre et environ trois mille hommes se lèvent dans le pays. La répression traduit trente-neuf habitants devant la commission mixte ; la plupart sont déportés en Algérie.

    Sources : Wikipédia · Histoire de Forcalquier · Ville de Forcalquier · « Forcalquier au fil des siècles » (site municipal)

  3. 1855-1882

    La citadelle réinventée

    chapelle Notre-Dame-de-Provence
    La chapelle Notre-Dame-de-Provence sur la citadelle · vers 1900Image : L. L. Louis Lévy, Paris société qui prend fin en 1922 http://bleau.hautetfort.com/cartoliste/ · Public domain · Wikimedia Commons

    Le sommet de la citadelle est arasé en 1855, une chapelle provisoire s'y installe en 1856, et la première pierre de Notre-Dame-de-Provence est posée le 19 avril 1868. La chapelle octogonale néo-byzantine, portée par le chanoine Terrasson et ornée de statues de musiciens médiévaux, est inaugurée en 1875, après un retard dû à la guerre de 1870-1871. En 1882, la ville accueille les fêtes latines internationales, dans la mouvance félibréenne, autour de figures comme Léon de Berluc-Pérussis (1835-1902). Le carillon viendra en 1925, reconstruit en 1939 par Paccard avec son clavier joué « à coups de poing », puis renouvelé en 2018 avec trente-sept cloches.

    le voir aujourd’hui : Chapelle Notre-Dame-de-Provence, sommet de la citadellesur la carte

    Sources : Patrimages / Région SUD · « Le carillon de Forcalquier » · Office de tourisme Alpes de Haute-Provence · « Citadelle de Forcalquier » · Wikipédia · Histoire de Forcalquier · GénéProvence · « Brève histoire de Forcalquier »

Le XXe siècle

  1. XIXe-XXe siècles

    Le cimetière et son cloître d'ifs

    Le cimetière est déplacé à son emplacement actuel, avenue Fontauris, au XIXe siècle. Au début du XXe siècle, les jardiniers municipaux y plantent des ifs taillés en arcades : un cloître végétal déployé sur trois terrasses, dont les haies abritent les tombes. Le site est classé en 1946. On y trouve les sépultures du pharmacien Eugène Plauchud, collaborateur de Pasteur, et du docteur Edmond Henry.

    Nuance

    Le classement de 1946 est confirmé par l'office de tourisme départemental, mais la date précise du 2 août 1946 et une création en 1835 ne viennent que de résumés non ouverts : la frise s'en tient à « classé en 1946 ».

    le voir aujourd’hui : Cimetière, avenue Fontaurissur la carte

    Sources : Office de tourisme Alpes de Haute-Provence · « Cimetière classé de Forcalquier »

  2. 8 juin 1944

    Douze morts, dont onze fusillés

    Le 8 juin 1944, croyant la Libération venue, l'Armée secrète occupe Forcalquier et installe son poste de commandement à la poste, sur l'actuel boulevard des Martyrs de la Résistance. La Wehrmacht reprend la ville. Le bilan est de douze morts, dont onze résistants fusillés « à l'ombre de la cathédrale Notre-Dame-du-Bourguet ». Le 10 septembre 1944, le conseil municipal renomme le boulevard des Cordeliers en boulevard des Martyrs de la Résistance ; une plaque commémorative est inaugurée le 8 juin 1947 et une cérémonie annuelle associe les scolaires.

    Nuance

    Wikipédia parle de « douze morts », la page municipale de onze résistants massacrés près de la cathédrale et de douze martyrs au total : la frise harmonise en « douze morts, dont onze fusillés au même endroit », au plus près des deux sources.

    le voir aujourd’hui : Aux abords de la concathédrale · boulevard des Martyrs de la Résistancesur la carte

    Sources : Ville de Forcalquier · « Les fusillés du 8 juin 1944 » · Wikipédia · Histoire de Forcalquier

  3. 19 août 1944

    La Libération, sans combat

    Le samedi 19 août 1944, dans les suites du débarquement de Provence du 15 août (opération Dragoon), les Américains arrivent de Digne par la N100 et atteignent le centre de Forcalquier sans combat ni destruction. La ville ne compte qu'une blessée accidentelle, Jane Coursin. La mémoire de ces journées est aujourd'hui portée par un chemin de mémoire de dix panneaux réalisé avec l'historien Robert Mencherini.

    Sources : Ville de Forcalquier · « 19 août 1944 : la libération » · Wikipédia · Histoire de Forcalquier · Ville de Forcalquier · « La mémoire résistante »

  4. 19 juin 1949

    La croix de guerre remise à la ville

    Le 19 juin 1949, le général Magnan remet à Forcalquier la croix de guerre 1939-1945 avec étoile d'argent ; le coussin aux armes de la commune est tenu par Clairette Pascal, fille d'un fusillé du 8 juin 1944. La décoration est exposée dans la salle du conseil municipal et figure dans le blason de la ville. La mémoire résistante reste vivante : Georges Orgnon (1922-2016), dernier résistant connu de la ville, réceptionnait en 1944 des parachutages aux Hautes-Plaines, à Mane, où une plaque a été inaugurée le 17 septembre 2024.

    Sources : Ville de Forcalquier · « La fête de la Libération » · Ville de Forcalquier · « La mémoire résistante » · Wikipédia · Histoire de Forcalquier

Hier, aujourd’hui

Les mêmes lieux à un siècle d’écart : la carte postale d’époque face à la photographie d’aujourd’hui.

La chapelle Notre-Dame-de-Provence sur la citadelle

chapelle Notre-Dame-de-Provence, vers 1900
vers 1900Photo : L. L. Louis Lévy, Paris société qui prend fin en 1922 http://bleau.hautetfort.com/cartoliste/ · Public domain · Wikimedia Commons
chapelle Notre-Dame-de-Provence, aujourd'hui
aujourd’huiPhoto : Jean-Christophe BENOIST · CC BY 3.0 · Wikimedia Commons

La chapelle Saint-Pancrace

chapelle Saint-Pancrace, vers 1900
vers 1900Photo : L. L. Louis Lévy, Paris société qui prend fin en 1922 http://bleau.hautetfort.com/cartoliste/ · Public domain · Wikimedia Commons
chapelle Saint-Pancrace, aujourd'hui
aujourd’hui · 2021Photo : Nenea hartia · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

La fontaine Jeanne d'Arc

fontaine Jeanne d'Arc, vers 1900
vers 1900Photo : early 1900s · Public domain · Wikimedia Commons
fontaine Jeanne d'Arc, aujourd'hui
aujourd’hui · 2017Photo : Chabe01 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Les rochers des Mourres

rochers des Mourres, vers 1900
vers 1900Photo : auteur inconnu, début des années 1900 · Public domain · Wikimedia Commons
rochers des Mourres, aujourd'hui
aujourd’hui · 2017Photo : Chabe01 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

La porte des Cordeliers

porte des Cordeliers, vers 1900
vers 1900Photo : auteur inconnu, début des années 1900 · Public domain · Wikimedia Commons
porte des Cordeliers, aujourd'hui
aujourd’hui · 2017Photo : Chabe01 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

La porte des Cordeliers, autre vue

porte des Cordeliers, vers 1900
vers 1900Photo : auteur inconnu, début des années 1900 · Public domain · Wikimedia Commons
porte des Cordeliers, aujourd'hui
aujourd’hui · 2017Photo : Chabe01 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Le viaduc des Latins et la vue générale

viaduc des Latins et vue générale, vers 1900
vers 1900Photo : auteur inconnu, début des années 1900 · Public domain · Wikimedia Commons
viaduc des Latins et vue générale, aujourd'hui
aujourd’hui · 2021Photo : Nenea hartia · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Deux siècles et demi d’habitants

Les 38 recensements publiés de 1793 à 2023, tels que la série les donne : de 2 547 habitants au premier compte à 5 222 au dernier.

17932023

Plus haut : 5 222 habitants en 2023Plus bas : 2 262 en 1946

Sources : EHESS/Cassini via Wikipédia (1793-1999) · Insee (2006-2023)

Marguerite de Provence
Marguerite de ProvencePortrait : François-Séraphin Delpech · Public domain · Wikimedia Commons

Les Quatre Reines →

Quatre soeurs, filles du comte de Provence et de Forcalquier, montées sur quatre trônes au XIIIe siècle : la France, l'Angleterre, les Romains, la Sicile. Le lien qui les unit à Forcalquier est dynastique, et il a donné son surnom moderne à la ville.

Découvrir la ville →

Les lieux qui portent cette histoire se visitent : la citadelle et son carillon, la concathédrale Notre-Dame-du-Bourguet, le couvent des Cordeliers, les fontaines. Chaque fiche relie le lieu à sa place dans la frise.

Les sources de cette page